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vendredi 24 décembre 2010

Bonnes Fêtes et blog en pause

Chers lecteurs,

je prends l'occasion de ce post pour m'excuser pour ma presque absence au mois de décembre.

La vérité est que le dernier an et demi j'ai bossé à plein rythme et maintenant je suis un peu fatiguée. Il me faut quelques jours pour organiser mes engagements et pour programmer les prochaines sorties comme il faut. Je prends pourtant l'occasion de ces fêtes de Noël pour prendre quelques jours de pause, j'ouvrirai la semaine du 10 Janvier prochain.

J'ai plein de belles surprises en attente que j'ai envie de partager avec vous.

Entretemps je souhaite, à ceux qui le fêtent, un


BON NOEL

ET A TOUS

UNE BONNE NOUVELLE ANNEE






© Copyright image d' Andrea Marazzi, toute reproduction étant sévèrement interdite.

dimanche 12 décembre 2010

Salon de Montreuil

Chers lecteurs,

je rentre après une pause, non annoncée, due à ma présence au Salon de Montreuil. Je m'excuse pour ne pas avoir fait un billet express, peut-être que ma réticence en matière est due au fait que je ne me suis pas réellement sentie "en pause", car chaque action que j'ai faite était destinée à ces pages.

Dans les semaines à venir, je commencerai par analyser dès près quelques-uns des livres repérés le long du Salon, pour le moment je me limite à faire un petit compte rendu de ce que j'ai pu voir, entendre et percevoir le long de la foire, avec une petite sélection de chefs œuvres que j'ai trouvé (naturellement la sélection reste limitée pour des raisons de temps et de goût personnel, bien d'autres livres auraient bien étés titrés pour en faire partie).

Comme toujours la scène française est riche de découvertes et de sollicitations même si, ici aussi, on commence à respirer un air alourdi par les nouvelles mesures financières adoptées par le gouvernement français. Le débat sur le futur de l'édition pour la jeunesse, et sur l'état de la culture en générale, reste pourtant ouvert: après l'annonce de la fermeture des Editions Etre à la fin de l'année, comme je vous l'avais déjà annoncé ici, et après les importantes coupes financières à la suite desquelles, très probablement, les activités liées à l'association Livres au Trésor auront fin, la France se trouve à faire face à une peur croissante que souvent se traduit dans une sorte d'inquiétante incohérence éditoriale en expansion. C'est comme si, pour éviter de noyer, certains éditeurs essayaient de franchir leurs horizons éditoriales en s'accrochant à des radeaux de sauvetage fictifs, qui s'éloignent de leur projet de départ. Ceci dit, il me vient naturel de me demander: jusqu’à quel point est-il sage et correcte qu'un éditeur ne se tient pas à sa ligne éditoriale? Est-il juste qu’il accueille sous son toit des textes, des projets, des collections qui ont vraiment peu en commun avec ce projet tracé au départ de son aventure? Je n'ai aucune présomption d'avoir la réponse: si jamais vous en avez, je serai bien contente de vous lire et d'ouvrir ensemble un petit débat.

En relation aux perspectives de la littérature jeunesse, IBBY France en collaboration avec la BNF (Bibliothèque Nationale de France - Centre National de la littérature pour la Jeunesse La joie par les Livres) ont organisé une très intéressante rencontre titrée: "2e Rencontres européennes de la littérature pour la jeunesse". Comme déjà le titre le fait comprendre, le long de la rencontre il y a eu un débat relativement aux chemins de la création en Europe (avec la participation d'illustrateurs très importants tels que Dusan Kàllay, Arnal Ballester et Bernd Mölck-Tassel) et des pratiques de l'édition, de la médiation et de la promotion des livres pour enfants. Bientôt les actes des colloques seront disponibles, ceux qui sont intéressés les peuvent trouver ici.

Comme je vous le disais auparavant, en dépit des préoccupations et des doutes, le Salon de Montreuil reste un moment important de réflexion et de partage qu'il vaut toujours la peine de vivre à fond si vous êtes intéressés dans ce secteur. La dernière nouveauté que nos cousins français nous ont réservée, c'est la prochaine ouverture, à Montreuil, d'une nouvelle école: "L'Ecole du livre de jeunesse", visée à fournir des ressources et des informations non seulement aux partenaires engagés dans la diffusion et l'approfondissement de la littérature jeunesse, mais aux familles aussi, à travers des ateliers de formation spécifiques. Parmi les quinze, incroyables, collaborateurs de l'école qui va ouvrir officiellement en 2011, il y aura aussi le très cher Christian Bruel! Dans l'espoir que son génie, et l'expérience faite dans le cours des années comme éditeur, puissent contribuer à l'éclosion de nouveaux sourires qui mordent*!

Passons maintenant à quelque brève signalisation, certains de ces livres sont datés mais leur valeur est tel que je ne pouvais pas m'en passer:



Monsieur Cent Têtes, de Ghislaine Herbéra, Editions MeMo, 10 janvier 2010. Prix Premier Album au Salon.




L'Herbier, Petite Flore des bois d'Europe, d'Emilie Vast, Editions MeMo, 15 mai 2010.





Le Petit Homme et Dieu, de Kitty Crowther, Editions L'Ecole des Loisirs - Pastel, septembre 2010




Diapason, de Laëtitia Devernay, Editions La Joie de Lire, octobre 2010




Ici Londres, de Vincent Cuvellier, illustrations d'Anne Herbauts, Editions Rouergue, janvier 2009.



et, pour terminer en beauté, une collection de poésie:




éditée par Bayard Jeunesse à partir de 2003 jusqu'aujourd'hui sous la section "Hors Collection".


Les oeuvres indiquées n'ont aucun ordre de préférence, et néanmoins un ordre chronologique.... elles ont plutôt étés mises au hasard. De certaines entre elles je vous parlerai de manière plus complète pourtant, comme les anglophones le diraient; "stay tuned"!

Pour le moment c'est tout.




* Pour ceux qui ne le savent pas encore, la première maison d'édition de C. Bruel s'appelait La Sourire qui Mord.

dimanche 28 novembre 2010

Barbe Bleue de Maurizio Quarello

Barbe Bleue de Charles Perrault, illustrations de Maurizio Quarello, Milan Presse, Collezction Albums Classiques, 15 avril 2010


Dietro ogni libertà sospirata
c'è in agguato una belva.

                         Alda Merini  (1)


Dans ces mot de la grande poète italienne, morte il y a un peu plus d’un an, est contenue l’essence du drame de Barbe Bleue: le moment de pathos vécu par sa dernière femme, emprisonnée dans une réalité qui lui tombe dessous avec tout son poids.

L’histoire de Barbe Bleue est notoire, c’est l’histoire d’un homme qu’aujourd’hui très probablement nous appellerons de “serial killer” et d’une femme victime, en premier, de sa naïveté, de sa soif d’assouvissement sociale, de sa curiosité et après de cet homme inquiétant à la barbe bleue que tout le monde crains.

Ce qui fait la différence dans cet album, publié par la prestigieuse maison d’édition française Milan Presse, c'est les illustrations de Maurizio Quarello.

Maurizio est un illustrateur magistrale, doué de grandes capacités d’interprétation et d’une technique expressive enviable. Dans ses représentations il est versatile, il sait donner sa voix à chaque histoire de manière inique, se laissant transporter par le conte, adaptant la technique aux exigences narratives: on le voit passer de la peinture dense de Babau Cerca Casa, de Toni Mannaro et de Le Voyage de la Femme Eléphant à la presque absence de couleur de Les Arbres Pleurent Aussi où sa narration délicate et poétique se passe presque sur la pointe des pieds, pour terminer avec le trait de bande dessinée d’Effets Secondaires, sorti pour le Rouergue il y a quelques semaines.

Dans cet album Maurizio nous laisse deviner tout son amour pour le cinéma. Si quelqu’un me demandait de donner une définition de ce livre, je dirais que c’est un album cinématographique, qui laisse entrevoir les atmosphères des films d’Ivory ou du dernier Pride and Prejudice par Wright, une œuvre où tout est mouvement, même l’immobilité.

Chaque image représente un instant cueilli et cristallisé dans un frame, qui parait aller bien au-delà de l’espace de la page. Chaque table, même celles en apparence plus silencieuses, racontent d’un pathos croissant qui terminera avec la défaite du terrible Barbe Bleue.


La narration commence avec une image emblématique: Barbe Bleue regarde soucieux hors de la fenêtre, enveloppé dans la lumière qui filtre timide à travers les nuages chargées de pluie, présage de désastres imminents. Nous le voyons observer sa victime, presque en cachette, dès loin, nous cueillons l’inconscience d’elle dans ses derniers instants de fille innocente, elle qui ne sait pas encore du destin qui l’attends. Nous les observons, jusque mariés, sur la carrosse qui les conduira vers leur nouvelle vie. Après le vide d’un longue couloirs en pénombre qui prélude à un mystère épouvantable. Enfin, après un las de temps indéfini, nous voyons les amies profiter de l’absence du mari pour se faufiler dans un privé qui réveille envie et curiosité et la jeune femme se laisser prendre par la curiosité, et découvrir le macabre secret caché derrière la barbe bleue de son mari.

La clef ensanglantée preuve évidente du pêché de la jeune femme et seul témoin de l’abominable découverte, menace comme silencieuse dénonce de la faiblesse féminine vis-à-vis de l’interdiction. Le mari rentre, recouvert d’obscurité.


De ce moment les événements se suivent rapides, dramatiquement vite, et les tableaux réfléchissent pleinement le dynamisme de l’action: Barbe Bleue découvre le méfait, il accuse sa femme et la condamne à mourir, comme les autres. La narration par images, que jusqu’à ce moment avait été suivante t descriptive par rapport au texte, paraît virer brusquement, introduisant des arrêts sur image inquiétants qui contribuent à augmenter remarquablement la tension dramatique. Les changements de perspective, fréquents et soudains, donnent au conte une intensité particulièrement vigoureuse.

Après la prononciation de la sentence de mort, l’illustrateur nous étonne à nouveau, il nous transporte en dehors de la prison de Barbe Bleue, en changeant complètement de scène : dans une suspension temporelle égale au planer d’un oiseau en vol, la sœur de l’épouse nous apparaît, elle regarde hors de la fenêtre de sa chambre ; s’il n’y avait pas le texte qui nous explique la raison de cette scène nous n’en percevons seulement le calme du printemps et le ciel net. C’est l’image centrale dans la narration, le tournant qui nous permet de respirer à nouveau et d’avoir un premier moment d’espoir. C’est une image que, pour la grâce légère et pour l’intensité de l’instant raconté, me fait penser aux poèmes de Keats.

Mais ce n’est qu’un moment, car nous nous retrouvons immédiatement piégés dans un tourbillon d’événements qui nous traînent vers le climax de l’histoire.


Quarello utilise les techniques cinématographiques avec une maîtrise enviable, il les contrôle avec facilité presque comme si son métier était celui de directeur et non d’illustrateur. En partant du champ et contrechamp, au zoom, à l'arrêt sur image (c’est assez étrange d’utiliser ces définitions pour un album illustré, et pourtant c’est ainsi), il parait que l’illustration est destinée à ne s’arrêter pas à la limite de la page, comme si elle voulait nous happer dans le gouffre des événements. Et c’est ce qui se passe enfin.

Sa peinture rappelle fortement Hopper et les atmosphères des romantiques: en partant avec la palette des couleurs choisis, à la densité polie des coups de pinceaux, continuant avec les jeux de lumières et ombres, aux sujets tirés. Admirables les prises de vue inattendues et toujours surprenantes.

Encore une fois un chef d'œuvre qu’il ne faudrait pas perdre.

Si vous aimez Maurizio Quarello restez dans les alentours, bientôt il y aura des nouvelles.



(1)Aforismi e Magie, d'Alda Merini, avec les dessins d’Alberto Casiraghi, Rizzoli Editeur, Novembre 1999.


“Derrière claque liberté soupiré, il y a une bête féroce en cachette.”


 

Barbe Bleue de Charles Perrault, illustrations de Maurizio Quarello, Collection Albums Classiques, © 2010 Éditions Milan. Les images ont été publiées avec la permission de l’Editeur, toute reproduction est interdite.

mardi 23 novembre 2010

Un triste jour

Aujourd'hui c'est un jour très triste, que je craignais depuis longtemps, un jour que j’espérais ne pas voir.


Je viens de recevoir un message de Christian Bruel, propriétaire et âme des Editions Etre
pour qui j'avais essayé donner l'alerte dans les mois passes mais, malheureusement, les Éditions Être lâchent, ils fermeront à la fin de l'an.


Je l'annonce avec une énorme tristesse et avec le regret de n'avoir pas pu faire plus de ce que j'ai fait. Parmi leurs auteurs il y en a des plus grands de la scène internationale, leur livres sont des pierres précieuses, des pierres qui trouveront leur place dans quelque maison mais qui resteront introuvables pour la majorité.


Une lumière brillante et géniale s’éteint, une voix libre et de très haute qualité. Encore une fois les titanes gagnent et les petits perdent, moi de mon petit coin je ne laisse pas tomber et je crie encore une fois, avec force, que



LA CULTURE EST LIBERTE', DEFENDONS-LA!










lundi 22 novembre 2010

Les Lauréats du Salon de Montreuil 2010

Voici les lauréats de l'édition 2010 du Salon de Montreuil!!!


Commençons avec le préstigieux


Baobab de l'Album



La Règle d'or du cache-cache
de Christophe Honoré, illustrations de Gwen Le Gac, Actes Sud junior, 2010.


Autre prix important

Prix du 1er album


Monsieur cent têtes
de Ghislaine Herbéra, Éditions MeMo, 2010.



continuons avec le

Prix de la presse des jeunes


Des hommes dans la guerre d'Algérie
textes Isabelle Bournier, illustrations Jacques Ferrandez, Casterman, 2010.



Prix Terre en vue


Petites et grandes histoires des animaux disparus
D'Hélène Rajcak et Damien Laverdunt, avec la collaboration de Cécile Colin et Luc Vives du Muséum national d'histoire naturelle, Actes Sud Junior, 2010.



Prix À l'abord'art


La Petite Galerie de Andy Warhol
De Patricia Geis, coll. La petite galerie, Editions Palette, 2010



Prix Coup de cœur de l'équipe du Salon


Le Petit Gibert illustré
De Bruno Gibert, Albin Michel Jeunesse, 2010


Pour le moment c'est tout, à bientôt avec d'autres nouveautés.

vendredi 19 novembre 2010

Il Grande Alfredo - Spider

Il Grande Alfredo, de Spider, Orecchio Acerbo Editeur, 2010

Le Grand Alfred est un grand, un très grand clown, le plus grand clown jamais existé: il fait des acrobaties incroyables, il raconte des histoires irrésistiblement drôles, il fait n’importe quoi pour faire rigoler son public. Vous-vous demandez pourquoi? Mais parce que rire fait du bien à la santé, c’est une donnée scientifiquement certifiée, et le Grand Alfred est un érudit du rire.  


Le Grand Alfred a une énergie enviable, rien ne peut l’arrêter, même pas la maladie. Et en effet, un jour, pendant un de ses incroyables exercices de funambule, le clown le plus fameux du monde tombe et se fait mal, très mal.















Il souhaitait soigner le monde à coups de rire, et maintenant? Que sera-t-il du clown le plus fameux sur la terre? Maintenant qu’il est sérieusement blessé aux jambes, comment fera-t-il à se produire dans ses évolutions funambulesques? Mais le Grand Alfred, on le sait bien, n’est pas le type qui se laisse démoraliser facilement, au contraire:


Le clown le plus fameux et aimé du monde décide de recommencer le spectacle, et il est accueilli par un public fêtant. Une fois annoncé son nouveau tour mondiale, les billets se vendent à l’instant et le Grand Alfred peut faire rigoler enfants et adultes à nouveau, avec ses drôleries hilarantes. Mais, encore une fois, il fait un faux pas et se heurte, à nouveau, terrible! Que sera-t-il du pauvre Alfred maintenant qu’il est complètement paralysé, de la tête aux pieds?















Comme Winnie, le héros surréel de Oh les beaux jours de Beckett, le Grand Alfred aussi se retrouve bloqué, complètement immobilisé: dans un premier moment de la taille et après de la tête aux pieds. Exactement. Comme Winnie, le Grand Alfred aussi ne donnera pas trop de poids à sa condition, il se "soulèvera" à nouveau, à sa manière. Ce parallélisme commence et termine ici, car dans Il Grande Alfredo non seulement la thématique est différente, mais l’intention artistique-philosophique l’est aussi: en effet, même si Spider frise avec grâce la thématique de la condition humaine (centrale dans le drame de Beckett), il semble vouloir dire que là où les difficultés deviennent insupportables, la seule alternative possible est la réaction. Là où Winnie se résigne à sa condition en l’acceptant, ne montrant que quelques légers signes de malaise, le Grand Alfred nous suggère d’agresser le malaise (et la maladie) avec un énorme éclat de rire, non plus avec un rire sardonique et amer, faites attention, mais avec un rire joyeux et profond, un rire tellement libératoire qu’il changera le sort qui semblait l’avoir emprisonné pour toujours.

Le Grand Alfred ressemble beaucoup au personnage de Patch Adams, comme nous le font justement observer les éditeurs dans leur présentation du livre, et pourtant il s’agit d’un Patch Adams avec une forte toque de surréel accentué, si possible, par les splendides illustrations qui me rappellent les bandes dessinées Américaines des années 20-40, avec Betty Boop (clairement citée dans la dernière illustration ici en bas), avec Popeye, avec le Mickey Mouse des débuts (celui de Steamboat Willie pour être clairs), avec une toque plus moderne qui me fait penser à l’art singulière de Gary Baseman.
















Spider, son vrai nom est Daniele Melani, est né à Florence. Après plusieurs pérégrinations il habite maintenant à Pesaro. Avec son art il a contribué à améliorer plusieurs journaux, parmi lesquelles "Il Manifesto" et "Ventiquattro". Dans le temps il a mené une recherche artistique impressionnante, son style multiculturel et désinvolte inclut des influences et des tendances très différentes: il passe du manga aux bandes dessinées, du pop art au signe expressionniste, sans oublier les graffiti. Pour ses illustrations il utilise le signe graphique, des tables en bois et des couleurs pâteux qui tachent la surface éraflée donnant un côté expressif intense et dramatique, exaltant les tons surréels et parfois grotesques des histoires qu’il raconte.

En plus de Il Grande Alfredo, Spider a publié avec Orecchio Acerbo aussi les livres suivants:
Molto nuvoloso, texte de Fabian Negrin (2002);
Il mondo invisibile e altri racconti, texte de Fabian Negrin, illustrations de plusieurs illustrateurs (2004);
La riparazione del nonno, texte de Stefano Benni (2006);
Emma. Dove vanno i fiori durante l'inverno? son premier livre comme auteur et illustrateur (2008).


Notes:

1. Pour les passionnés de Popeye, je suggère le site suivant: http://popeyeanimators.blogspot.com/ ;

2. à propos de Betty Boop, parmi les autres l’illustrateur que je préfère est Grim Natwick, sur le blog de Michael Sporn vous pouvez trouver des très intéressants renseignements: http://www.michaelspornanimation.com/splog/index.php?s=Grim+Natwick&submit=Search  ;

3. Si vous voulez approfondir la connaissance sur Gary Baseman, voici son site: http://www.garybaseman.com/ .



Copyright texte et images des Éditions Orecchio Acerbo 2010. Les images ont été reproduites avec la permission de l’Éditeur, toute reproduction est interdite.

dimanche 14 novembre 2010

Inattendu

Inattendu est ce post, car il arrive hors de tout programme que j’avais fait, mais ça va sans dire: les coups de foudre arrivent toujours inattendus, e ceci n’est pas une exception.

Comme toujours je suis en retard, pour ignorance, pour une blague du destin ou pour d’autres raisons aux quelles je ne peux pas penser, aujourd’hui aussi j’arrive en retard, mais ce qui compte c’est que j’arrive tout de même. J’arrive à travers mes sentiers tordus et ombragés, perdue entre le brouillard de saison et celui intellectuel, je viens vous présenter un CHEF-D’ŒUVRE


Robinson Crusoe, de Daniel Defoe, illustré par Tullio Pericoli, Editions Adelphi, 2007


Les morceaux de texte contenus dans le livre ont été sélectionnés par Anna Maria Lorusso.

En réalité l’idée originaire du livre nous la devons à Olivetti, car ils avaient l’habitude de faire hommage à leurs clients les plus prestigieux de cadeaux exclusifs, c’est à cette occasion qu’ils commandèrent une édition en tirage limité du roman de Defoe: c’étaient les années quatre-vingt, entre 1982 et 1984 et, comme Pericoli lui même raconte dans la préface du livre, et il vivait une difficile phase de transition, partagé comme il était entre les illustrations pour les journaux et le monde des galeries d’art, entre l’illustrateur-dessinateur et le peintre. Son conte est très beau, surtout la manière dont il explique comment le fait d’illustrer ce livre l’aida à retrouver une unité artistique que, jusqu’à ce moment, lui était barrée, niée par cette dichotomie expressive qui voulait le monde de l’illustrateur et celui du peintre séparés à la source. Comme il nous raconte, Robinson Crusoe pénétrait les deux mondes expressifs que, à cette époque, étaient l’objet de ses recherches : l’homme, sujet principale des illustrations pour les journaux, et la nature, sujet préféré dans les tableaux. Dans Robinson Crusoe les deux éléments se fondent et se confondent presque, et cette oeuvre d’agrégation est bien évidente dans les tableaux qui accompagnent le roman.

Dans cette nouvelle version, publiée par Adelphi, nous retrouvons une quantité supérieure d’illustrations par rapport à la version d’Olivetti, ce qui montre une recherche artistique de grand intérêt.

Seule critique que je me permets de faire, concerne la presque totale absence du personnage de Vendredi: dans le roman de Defoe Vendredi avait bien son importance et, honnêtement, j’aurais voulu le voir représenté également car, lui aussi, est expression de l’île autant que les arbres, les poissons, les oiseaux et les pics verts. Vendredi est l’ombrageux Caliban de La Tempête de Shakespeare, il est le point de fusion parfaite entre home et nature: il représente l’archétype du sauvage auquel est dédiée toute une courante littéraire et, à mon avis, il méritait plus d’attention. C’est bien vrai que Pericoli nous raconte combien, pour lui, Robinson et l'Ile représentaient les deux protagonistes absolus du roman: moyen parfait pour compléter cette fusion entre journaux et galeries d’art, illustrateur et peintre, homme et nature, en donnant à l’un les caractéristiques de l’autre et vice-versa le processus était complet. Vrai aussi que dans le roman de Defoe, bien qu’il soit important, Vendredi a tout de même un rôle mineur par rapport à Robinson, très loin de la superbe interprétation de Michel Tournier dans Vendredi ou les limbes du Pacifique où il a un second rôle, quand il n’est pas la voix de la conscience du blanc Robinson.

En tout cas, cette absence n’arrive pas à compromettre irrémédiablement la beauté de ce livre qui reste, à mon goût, un chef-d’œuvre de rare beauté.





*Il n’y a pas beaucoup de renseignements sur Tullio Pericoli, je vous ai mis ce que j’ai trouvé en anglais:

Life of Guangzhou -http://www.lifeofguangzhou.com/node_10/node_35/node_116/node_118/2009/11/02/125715172171163.shtml
Lambiek.net - http://lambiek.net/artists/p/pericoli_tullio.htm (à propos de ses bandes dessinées)


L'Editeur Corraini vient de publier un nouveau livre où l’on prend en examen l’évolution dans ses ouvrages dédiés aux paysages, titré “L'Infinito Paesaggio”, ce qui serait intéressant de confronter avec les atmosphères des paysages de son Robinson. Vous pouvez trouver le livre de Corraini ici.

dimanche 7 novembre 2010

Pluies d'automne

Dans ces jours de pluies incessantes, laissez que je vous emporte avec ces petites gouttes de couleur et sagesse. Ce sont tous des livres à ne pas perdre: certains plus récents, d’autres un peu plus vieux.
À commencer la parade ce ne pouvait être qu’elle, Suzy Lee, avec son dernier chef-d’œuvre sorti en contemporaine en Septembre dernier (plus ou moins les mêmes jours) en trois pais: France, Italie et Etats Unis!

Ombres, di Suzy Lee, Editions Kaleidoscope, Septembre 2010
Ombra, di Suzy Lee, Edizioni Corraini, Septembre 2010
Shadow, di Suzy Lee, Chronicle Books, Septembre 2010

L’histoire est simple et géniale, comme dans la meilleure tradition de ce grand artiste: laissez un enfant seule dans un grenier avec des objets communs, vieux, poussiéreux; le premier instinct, c’est clair, c’est celui de l’exploration et la manière la meilleure pour explorer c’est de jouer, mieux si tous seuls. Même les objets les plus simples, filtrés par une imagination fervente, prennent des apparences inouïes (Le Petit Nicolas de Sempé nous l’enseigne bien) à plus forte raison la réflexion de leurs ombres inspirera des scénarios inattendus. Comme déjà pour La Vague et Mirror, Lee s’amuse à marquer le passage du réel à l’imaginé à la frontière entre les deux pages à côté. Comme dans les livres que je viens de citer, dans Ombre aussi l’imaginaire, à un moment donné, assume un rôle plus concret, parfois menaçant, en faisant irruption physiquement dans l’espace du réel, presque à rendre visible combien, au fond, réel et imaginaire se nourrissent l’un de l’autre. Bref: une autre merveille de l’artiste coréenne, interprétation ponctuelle et sensible d’une enfance vécue au fil du fantastique.


Dans un intéressant article, le New York Times utilise Ombres de Suzy Lee comme exemple pour constater que la page imprimée, dans une époque de digitalisation de la lecture (en accélération constante même grâce à des outils comme l'Ipad), reste de toute façon vitale et à un certain égard irremplaçable.


Vous voici une belle interview (en anglais) avec Suzy Lee, même si cela date de 2008:
Seven Impossible Things Before Breakfast - http://blaine.org/sevenimpossiblethings/?p=1410
et encore:
The DPI Magazine - ne vous laissez pas épouvanter par le coréen, en bas vous trouverez la version en anglais http://suzyleebooks.com/zeroboard/zboard.php?id=misc&page=5&sn1=&divpage=1&sn=off&ss=on&sc=on&select_arrange=headnum&desc=asc&no=70

Recensions en Italien:
Letto fra Noi - http://www.lettofranoi.it/tag/suzy-lee/
Forkids - http://www.forkids.it/2010/07/09/ombra/

Recensioni en Anglais:
Seven Impossible Things Before Breakfast - http://blaine.org/sevenimpossiblethings/?p=2023
You Know, For Kids - http://youknowforkidsblog.blogspot.com/2010/10/new-books-shadow.html
Publishers Weekly - http://www.publishersweekly.com/pw/by-topic/new-titles/childrens-announcements/article/43866-wordless-wonders.html

Recensions en Français:
La Citrouille - http://lsj.hautetfort.com/archive/2010/11/08/ombres.html



Un autre grand artiste du panorama internationale, cette fois dès Etats Unis, avec une de ses dernières productions:











Lulu and the Brontosaurus, de Judith Viorst, illustré par Lane Smith, Atheneum Books, Septembre 2010




Après It's a Book, projet soliste, le grand Lane Smith nous charme avec cet album illustré en couple avec Judith Viorst. À vrai dire cet album aurait été parfait pour le post que j’avais titré Laids, Sales et Méchants… Pourquoi ? Parce que Lulu, la protagoniste du livre, c’est un enfant gâtée, très gâtée, qui me fait immanquablement penser à Veruca Salt de Charly et la Chocolaterie de Roald Dahl. Rien n’est nié à Lulu. Un beau jour elle s’éveille et décide qu’elle veut un Brontosaures pour chiot. Même si ses parents s’obstinent à lui nier la permission, Lulu ne laisse pas tomber, bien au contraire elle décide d’agir, car elle ne peut pas accepter un non comme réponse : cela me fait penser à la scène où Veruca décide de prendre soi même l’écureuil, pour la terreur des enfants et des adultes présents. Pour terminer mon parallèle, il y a aussi une sorte de chant rythmé qui me fait souvenir la musicalité des chansons des Umpa Lumpas:

"I’m gonna, I’m gonna, I’m gonna, gonna get
A bronto-bronto-bronto
Brontosaurus for a pet.
I’m gonna, I’m gonna, I’m gonna, gonna get
A bronto-bronto-bronto
Brontosaurus for a pet."


Comme dans les meilleures livres de Dahl, les évènements auront un détour assez désagréable pour Lulu, dans un cruel renversement de rôle le Brontosaure fera de Lulu son chiot.

Link à Lane Smith:
site  http://www.lanesmithbooks.com/Home.html
blog http://lanesart.blogspot.com/
 
Interviews avec Lane Smith:
Seven Impossible Things Before Breakfast - http://blaine.org/sevenimpossiblethings/?p=1422 
Adventures Underground - http://www.advunderground.com/interviews/smith1106.php
Estrella's Revenge - http://estellabooks.blogspot.com/2009/02/authorillustrator-interview-lane-smith.html
The Wall Street Journal Speakeasy - http://blogs.wsj.com/speakeasy/2010/08/31/its-a-book-author-lane-smith-on-kids-and-technology/  (à propos de It's a Book)
Housatonic Times - http://www.housatonictimes.com/articles/2010/10/15/entertainment/doc4cb70c1946b1b665670407.txt 
Reading Rockets - http://www.readingrockets.org/books/interviews/smith (vidéo)
Carnegie Corporation of NY (Teachers for a new era) - http://www.tne.uconn.edu/interviews/lane%20smith.mp3 (audio)
Just One More Book - http://www.justonemorebook.com/2008/08/25/interview-with-lane-smith/ (audio)
 
Interviews avec Judith Viorst:
The Kennedy Center - http://www.kennedy-center.org/programs/family/alexander/author.html
Book Page - http://www.bookpage.com/0711bp/judith_viorst.html
Dream Jam World - http://www.dreamjamworld.com/interview.html (audio)
ed un estratto da World Literature Today - http://goliath.ecnext.com/coms2/gi_0199-541123/An-interview-with-Judith-Viorst.html

Recensions:
Dog Ear - http://nicolepoliti.wordpress.com/2010/11/01/lulu-and-the-brontosaurus-by-judith-viorst-illustrated-by-lane-smith-2010/
Proseandkahn - http://proseandkahn.livejournal.com/131068.html?thread=28156
 


Nous restons en Amérique mais nous changeons d’atmosphère avec Peter Sis et son dernier album, la suite de la série dédiée à Madlenka:
 
Madlenka Soccer Star, de Peter Sis, Farrar, Straus and Giroux (BYR), 28 Septembre 2010


Madlenka's Dog fut le premier livre de Sis que j’achetai, pendant l’un de mes premiers voyages à NY, dès ce moment d’habitude je n’en perds pas un. Peter Sis a une sensibilité raffinée qui se transpose dans ses tableaux, et dans les histoires qu’il raconte, à travers des atmosphères raréfiées et rêveuses: sien sont The Wall (qui a gagné la mention Caldecott Honour Book, et auquel est dédié ce fantastique article du New York Times), Tibet Through the Red Box (splendide album autobiographique où Sis dévoile le contenu de la mystérieuse boîte rouge, ramenée par son père d’un voyage en Tibet), The Tree of Life (précurseur des nombreux livres dédiés à Darwin sortis récemment).!
Mais revenons à nous: Madlenka est un enfant qui habite dans la grande ville et, comme tous les enfants qui habitent dans la grande ville, elle cherche un espace qui lui appartienne, elle le cherche parmi les autos, dans la route, à l’hombre des arbres qui poussent en état d'asphyxie dans le goudron. Comme pour tous les enfants qui vivent dans la grande ville, les compagnons de jeu sont d’autres enfants, ou des arbres, des objets, des animaux. Sortie de chez elle avec son nouveau ballon, aujourd’hui Madlenka est irréfrénable, déchaînée, irrépressible! Elle joue, elle joue partout. Ses compagnons de jeu sont à tour une boite à lettres, quelques chats, un parcmètre, un chien, tous immanquablement plongés dans un mondiale de quartier, reflet du sport mondialement plus populaire et des récents mondiales africains. Mais, en réalité, Madlenka est en train de s’entraîner pour les jeux mondiales de calcium féminin de 2011, en Allemagne


Vous voici le site de Peter Sis: http://www.petersis.com/index2.html

Interviews:
On the Job, Mystery Man - http://www.zuzu.org/sisinterview.html
School Library Journal - http://www.schoollibraryjournal.com/article/CA6351977.html?q=under+cover+video (vidéo)
Reading Rockets - http://www.readingrockets.org/books/interviews/sis/transcript et http://www.readingrockets.org/books/interviews/sis (vidéo)
NPR - http://www.readingrockets.org/books/interviews/sis (audio)

Recensions:
Books For Kids - http://booksforkidsblog.blogspot.com/2010/11/kick-off-madlenka-soccer-star-by-peter.html




Et maintenant passons à l’Angleterre avec:
 
The Rabbit Problem, d'Emily Gravett, Macmillan Children's Books, 7 Août 2009  
 

Ce livre, sorti en 2009, est fondé sur la Suite de Fibonacci. Gulp! Eh bien non: comme toujours, Emily Gravett arrive à rendre amusant et aventureuse chaque histoire qu'elle raconte. Vous-vous souvenez de Little Mouse's Big Book of Fears? Eh bien, dans ce livre aussi elle déchaîne toute sa fantaisie en produisant un véritable chef-d’œuvre d’inventivité: en substance le texte reproduit le format du calendrier où, à chaque mois, il y a le compte des lapins qui s'ajoutent à Lonely, le solitaire protagoniste du premier tableau. Comme dans le cas d'Ombre de Suzy Lee, dans The Rabbit Problem aussi il faut retourner l'album pour le feuilleter, comme il faut faire avec un véritable calendrier. À chaque tableau, exécutée avec une technique strictement mixte avec dessins à l’aquarelle et collage, Gravett ajoute des petits détails: des enveloppes, des instructions pour se faire un chaud pull-over lorsqu’il fait froid, un petit livre de recettes, plein de notes éparpillées partout. Un livre pour tous ces enfants qui ont une irrésistible soif de découverte, qui aiment lire et relire les livres, toujours à la recherche de nouveaux détails.


Et pour une expérience online: voici le site d'Emily Gravett www.emilygravett.com/
 
Interviews:
Seven Impossible Things Before Breakfast - http://blaine.org/sevenimpossiblethings/?p=1606 
Booktrust Childrens Books http://www.booktrustchildrensbooks.org.uk/show/feature/Features%20Interviews/Interview-with-Emily-Gravett e http://www.booktrustchildrensbooks.org.uk/show/feature/Emily-Gravett-interview-2
The Telegraph UK - http://www.telegraph.co.uk/culture/3664140/The-road-less-travelled.html
Reading Rockets - http://www.readingrockets.org/books/interviews/gravett et http://www.readingrockets.org/books/interviews/gravett/transcript
Kids Book Review - http://www.kids-bookreview.com/2010/09/interview-emily-gravett.html

Recensions:
B is For Bosoks - http://www.thaolam.com/blog/?p=476
Henrietta - http://henriettamouse.blogspot.com/2010/02/rabbit-problem-by-emily-gravett.html
The Guardian - http://www.guardian.co.uk/books/2009/sep/19/rabbit-problem-emily-gravett-review
The Bookbag - http://www.thebookbag.co.uk/reviews/index.php?title=The_Rabbit_Problem_by_Emily_Gravett
Kirkus Reviews - http://www.kirkusreviews.com/book-reviews/childrens-books/emily-gravett/rabbit-problem/
 


Repartons au delà de l’océan avec le formidable Peter Brown, déjà auteur de The Curious Garden, et son dernier livre:

Children Make Terrible Pets, de Peter Brown, Little, Brown & Company, 7 Septembre 2010


Très amusant! La petite Rose trouve un enfant dans le bois et elle décide d'en faire son chiot. Comme l'enfant ne parle pas mais il crie comme un écureuil, Rose l’appellera Squeaker*. Mais, quand elle le ramène, en regardant Squeaker maman ourse n'est pas vraiment d'accord avec Rose car, comme elle lui explique: "Children make terrible pets"**. Comme dans le cas de Lulu and the Brontosaurus, dans Children Make Terrible Pets aussi il y a une inversion: l'humain devient, malgré lui, un animal domestique, tandis que les animaux sont décrits comme humains. Avec des fonds reprenant la graine du bois et les images encadrées dans des tons chauds et arrondis aux côtés en guise d’écran, il ne manque que les boutons et nous voici en face d'une vieille télé, prêts à assister aux nouvelles aventures de ceux qui (peut-être pour nostalgie, ou car la télé aux buttons me fait penser aux jours où, enfant, je les regardais), autant me font souvenir de Yogi et Boo-Boo, dans leur beau parc de Yellowstone! Seul intrus, comme toujours, l'homme!


Pour plus de renseignement sur Peter Brown, je vous renvoie à son site: http://www.peterbrownstudio.com/
 
Et à ces Interviews:
Seven Impossible Things Before Breakfast - http://blaine.org/sevenimpossiblethings/?p=1920
Into the Wardrobe - http://peteredmundlucy7.blogspot.com/2009/07/authorillustrator-interview-peter-brown.html
Giggle - http://ali.blogs.giggle.com/2010/07/15/an-a-list-interview-peter-brown/
Sory Sleuths - http://www.storysleuths.com/2010/04/interview-with-peter-brown-curious.html
Embracing the Child - http://www.embracingthechild.org/abrown.html
Ed una Video-intervista: http://www.youtube.com/watch?v=5w2vC-9An0k

Recensions:
100 Scope Notes - http://100scopenotes.com/2010/11/04/review-children-make-terrible-pets-by-peter-brown/
Seven Impossible Things Before Breakfast - http://blaine.org/sevenimpossiblethings/?p=2025 (
avec beaucoup d'illustrations et de croquis)
Children's Book Reviews - http://wordsbymom.com/authors/peter-brown/children-make-terrible-pets/
Twenty by Jenny - http://www.twentybyjenny.com/47Books/review/children-make-terrible-pets/
Kid's Book Buzz - http://kidsbookbuzz.blogspot.com/2010/10/children-make-terrible-pets-by-peter.html
 
 

Restons en Amérique, pour repartir ensuite en Hollande avec

Knuffle Bunny Free, de Mo Willems, Balzer & Bray, 28 Septembre 2010
 
Knuffle Bunny Free aussi est un sequel, pour être précis c’est l’album qui termine la trilogie commencée avec Knuffle Bunny, a Cautionary Tale, et poursuivie avec Knuffle Bunny, a Case of Mistaken Identity.

Un autre album acheté pendant un voyage à NY, un autre coup de foudre!
Trixie et Knuffle Bunny sont inséparables, dès que Trixie était grande ainsi et Knuffle Bunny venait de sortir de sa flambante neuve boite. Pour Trixie l’éloignement de Knuffle Bunny est insupportable (jusque hier, l’enfant de ma voisine pleurait désespéré car il avait temporairement perdu son jouet préféré, comment ne pas comprendre?); même si, à être honnêtes, de temps en temps Knuffle Bunny paraît se perdre exprès. Certes Knuffle, dans son énorme soif d’exploration, a une étrange de manière de choisir les lieux de ses pérégrinations: lorsqu’il se perd dans la machine à laver, lorsqu’il s’abrite dans les bras de la pire ennemie de Trixie, mettant un sosie à sa place... Lorsque, en vol pour Amsterdam avec Trixie et famille, il décide de faire un petit détour à sa manière (voici le démarrage pour Knuffle Bunny Free). Pour tous les livres de la trilogie, Willems utilise une technique mixte, avec des photos (plus ou moins urbaines) en arrière-plan, et des dessins linéaires aux couleurs principalement pastel pour les personnages. Tout se joue sur un équivoque voulu: réel/irréel celui des fonds savamment en noir et blanc, qui rendent la reconstruction presque universelle et tout de même sciemment suspendue dans le temps, lecture moderne du traditionnel “il était une fois, dans un pays lointain…"; réel/irréel aussi celui des personnages et de leurs vicissitudes, toujours suspendues entre l’acte concret et celui imaginé.

Comme vous pouvez le lire dans certaines de ses interviews ici en bas, Mo Willems a un background télévisé, théâtrale et d’animation, le long de sa carrière il a obtenu: 3 Caldecott Honors, 2 Geisel Medals, 2 Carnegie Medals, 6 Emmys! Parmi ses livres: très fameux Don't Let the Pidgeon Drive the Bus, et la série des magnifiques livres dédiés aux plus petits Elephant and Piggie, Cat the Cat et Big Frog, pour ne mentionner que quelques-uns. Ce qui me frappe dans son art c’est la linéarité et l’extrême simplicité de ses images, sur lesquelles Willems arrive à insérer des thèmes profondément liés à l’enfance, à la petite enfance surtout.

Pour des approfondissements sur Mo Willems:

Site  http://www.mowillems.com/
Blog http://mowillemsdoodles.blogspot.com/
 
Interviews:
Seven Impossible Things Before Breakfast - http://blaine.org/sevenimpossiblethings/?p=863 - http://blaine.org/sevenimpossiblethings/?p=841
Book Trust Children's Books - http://www.booktrustchildrensbooks.org.uk/show/feature/Features%20Interviews/Interview-with-Mo-Willems
Trap Door Sun - http://www.trapdoorsun.com/literature/mo-willems.aspx
Scholastic - http://www2.scholastic.com/browse/article.jsp?id=7518
At Home Dad - http://www.athomedad.org/node/605
Babble - http://www.babble.com/content/articles/columns/5minutetimeout/mo-willems-a-chat-with-the-creator-of-knuffle-bunny-too/
Reading Rockets - http://www.readingrockets.org/books/interviews/willems/transcript et http://www.readingrockets.org/books/interviews/willems/transcript
Just One More Book - http://www.justonemorebook.com/2007/05/14/interview-with-mo-willems/ (audio)
School Library Journal - http://www.schoollibraryjournal.com/article/CA6304810.html (vidéo)

Recensions:
Publishers' Weekly - http://www.publishersweekly.com/pw/by-topic/childrens/childrens-authors/article/44415-mo-willems-on-knuffle-bunny-free-.html 
100 Scopenotes - http://100scopenotes.com/2010/09/07/review-knuffle-bunny-free/ 
The Seattle Times - http://seattletimes.nwsource.com/html/books/2013051230_kidsbooksmowilliems02.html?syndication=rss
Flying Giggles and Lollipops - http://www.flyinggigglesandlollipops.com/2010/10/knuffle-bunny-free-giveaway.html
Brimful Curiosities - http://www.brimfulcuriosities.com/2010/09/knuffle-bunny-free-by-mo-willems-book.html 
Two Writing Teachers - http://twowritingteachers.wordpress.com/2010/10/03/knuffle3/
Script PS News - http://www.scrippsnews.com/content/corner-mo-willems-knuffle-bunny-free-city-dog-country-frog
 


Restons encore en Amérique avec:

13 Words, de Lemony Snicket, illustrations de Maira Kalman, HarperCollins, 5 Octobre 2010

13 Words est le nouveau né de Lemony Snicket, au siècle Daniel Handler (auteur, metteur en scène et accordéoniste) et de Maira Kalman (fameuse illustratrice, designer et couverturiste [je sais, ce mot n’existe pas… mais je l’aime tellement!] pour le New Yorker)! Cela me parait déjà assez, non? Et l'histoire penserez-vous? Quelle histoire? Il n'y a aucune histoire, il n'y a que les suivants treize mots:

1. Bird = Oiseau
2. Despondent = Avili
3. Cake = Gâteau
4. Dog = Chien
5. Busy = Occupé
6. Convertible = Décapotable
7. Goat = Chèvre
8. Hat = Chapeau
9. Haberdashery = Mercerie
10. Scarlet = Écarlate
11. Baby = Enfant
12. Panache = Style
13. Mezzo-Soprano


Qu'est-ce que ces treize mots ont en commun? Je ne peux pas vous-le dire, je dévoilerai des secrets inavouables, et je vous ruinerai la surprise!
 Unique prime que je peux vous accorder c'est le trailer du livre:


video



Si vous êtes curieux d'en savoir plus sur l'auteur et l'illustrateur voici leurs sites:
Lemony Snicket - Sito http://www.lemonysnicket.com/
Maira Kalman - Sito http://www.mairakalman.com/
 
Interviews avec Lemony Snicket:
Parent Dish - http://www.parentdish.com/2010/10/05/lemony-snicket-gets-persnickety-with-pdish/
Browse Inside: http://browseinside.harpercollinschildrens.com/index.aspx?isbn13=9780061664656 
About Creativity - http://about-creativity.com/2007/06/an-interview-with-daniel-handler-aka-lemony-snicket-part-1.php 
About.com - http://fictionwriting.about.com/od/interviews/a/lemony.htm
The Telegraph UK - http://www.telegraph.co.uk/culture/7157019/Lemony-Snicket-Interview.html
The Washington Post, Kids' Stuff - http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2006/09/29/AR2006092901307.html
Book Browse - http://www.bookbrowse.com/author_interviews/full/index.cfm?author_number=500
Combustible Celluliod - http://www.combustiblecelluloid.com/interviews/danielhandler.shtml
Biografia: http://www.answers.com/topic/lemony-snicket

Interviews avec Maira Kalman:
Inspiration Boards - http://inspirationboards.blogspot.com/2008/03/maira-kalman.html
Design Sponge - http://www.designspongeonline.com/2010/10/whats-in-your-toolbox-maira-kalman.html
The Design Files - http://thedesignfiles.net/2008/03/maira-kalman/
Bygone Bureau - http://bygonebureau.com/2009/09/07/the-life-pursuit-an-interview-with-maira-kalman/
Nasheville Review - http://www.vanderbilt.edu/english/nashvillereview/archives/1305
10 Answers - http://10answers.net/2010/10/06/maira-kalman/

Recensions:
Flavorpill - http://flavorpill.com/sanfrancisco/events/2010/9/29/maira-kalman-and-lemony-snicket-13-words 
SFGate.com - http://articles.sfgate.com/2010-09-26/books/24097018_1_trade-books-lemony-snicket-schwartz-wade
TimeOut Kids - http://newyorkkids.timeout.com/articles/books/89124/13-words-by-lemony-snicket-and-maira-kalman-book-review

 
Et comme nous y sommes déjà, terminons notre voyage aux États Unis

A Sick Day for Amos McGee, de Philip C. Stead, illustrations de Erin E. Stead, A Neal Porter Book/Roaring Brook Press, Mai 2010


Comédie du surréel l’histoire d’Amos McGee, gardien du City Zoo, ami du timide pingouin, de l'éléphant, de la tortue, du rhinocéros et de l’hibou. Amos est un gardien scrupuleux, chaque animal reçoit ses attentions et ses soins: il joue aux échecs avec l'Eléphant, il s’affronte à la course avec la Tortue, il s’assied à côté du timide Pingouin, il mouche le Rhinocéros et, au coucher du soleil, il raconte les histoires à l’Hibou. Tout avance dans l’ordre établi jusqu’à quand, un beau matin, Amos se réveille malade. Et alors ? Alors les animaux du City Zoo prennent le bus pour aller le voir, pour le soigner à leur tour. Comédie du surréel, oui, mais aussi de l’amitié, de cette sorte d’amitié où l’on se soigne l’un l’autre sans trop dire en plus: je me souviens quand, il y a deux ans, je me heurtai une cheville et mon amie Francesca vint chez moi, elle mit la table avec soin, elle cousina pour moi un délicieux déjeuner (ceux qui la connaissent savent bien combien celui de la cousine est un acte exceptionnel chez elle) et resta avec moi gazouillant allègre dans la maison. Qu’est que c’est d’autre l’amitié?

La curiosité de ce livre c’est que auteur et illustrateur sont mari et femme, il est bien évident qu’ils partagent bien plus qu’un toit: fruit de deux créativités et d’une empathie incontestable, cette histoire est racontée avec une grande harmonie et sensibilité, avec un balancement scrupuleux entre ce qui est raconté et le non dit. Comme Betsy Bird l’observe justement, dans son A Fuse#8 Production Blog, il y a un savant équilibre dans le scénario entre la première et la deuxième partie du livre. En corollaire de l’histoire principale il y a plein de petits détails, en arrière-plan, presque invisibles, qui enrichissent le conte sur la pointe des pieds. Les illustrations d’Erin E. Stead sont merveilleuses et pour la caractérisation des personnages et pour la tendresse qu’elles transmettent, oeil sensible d’une gamme d’émotions qu’on ne peut pas dire avec les mots. Un livre qu’il faut avoir!!!

Vous voici les sites de Philip et Erin Stead:
Philip Setad - Site http://www.philipstead.com/
Erin Stead - Blog http://blog.erinstead.com/

Interviews:
Seven Impossible Things Before Breakfast - http://blaine.org/sevenimpossiblethings/?p=1723
 
Recensions:
The New York Times - http://www.nytimes.com/2010/11/07/books/review/VonDrasek-t.html
A Fuse#8 Production - http://blog.schoollibraryjournal.com/afuse8production/2010/04/07/review-of-the-day-a-sick-day-for-amos-mcgee-by-philip-c-stead/
Seven Impossible Things Before Breakfast - http://blaine.org/sevenimpossiblethings/?p=1950
Kids Lit - http://kidslit.menashalibrary.org/2010/05/07/sick-day-for-amos-mcgee/
SC Whiddon Art - http://scwhiddonart.blogspot.com/2010/06/illustrator-erin-e-stead.html



Dans un très intéressant article titre Reading Dogs and Untrained Boys, Lisa Von Drasek, analyse sur les pages du New York Times deux des albums dont je vous ai parlé: A Sick Day for Amos McGee et Children Make Terrible Pets, elle en met en évidence le côté ironique, de comédie de l'absurde, avec cette touche d’incohérence qui ne vieillit jamais, néanmoins à l’énième lecture.


Certains des titres dont je vous ai parlé sont aussi partie de la sélection du New York Times Best Illustrated Children's Books of 2010: http://events.nytimes.com/gift-guide/holiday-2010/best-illustrated-childrens-books-2010/list.html.


Pour le moment c'est tout!




*    En anglais le mot "squeak" désigne le cri de l’écureuil.

**  "Les enfants sont des terribles animaux domestiques."